Discrimination à l’embauche : la France, mauvais élève ?

21 juillet 2016

Aujourd’hui, en France, un nom, une couleur de peau ou une adresse peuvent encore constituer des barrières à l’accès à l’emploi. Et alors qu’au printemps dernier, une campagne de sensibilisation incitait les recruteurs à se fier davantage aux compétences qu’aux origines des candidats, l’Assemblée nationale envisage désormais d’imposer aux entreprises une formation obligatoire à la non-discrimination.

C’est une campagne qui n’est pas passée inaperçue. Au printemps dernier, près de 2 000 affiches barrées du hashtag #LescompetencesDabord sont venues tapisser les gares, métros et kiosques franciliens. Lancée à l’initiative du ministère du Travail, cette campagne de sensibilisation visait à attirer l’attention des employeurs et recruteurs quant à leurs responsabilités dans les phénomènes de discrimination à l’embauche. Et pour cause, selon une étude de l’Institut Montaigne datée d’octobre 2015, « en France, à compétence égale, le nom et l’origine peuvent obliger à envoyer 4 fois plus de CV pour décrocher un entretien ».

Très récemment, le 12 juillet dernier, un rapport remis au Premier ministre Manuel Valls et Annick Girardin, ministre de la Fonction publique, mettait une nouvelle fois en lumière ce phénomène ; pointant plus particulièrement du doigt les méthodes de recrutement dans la fonction publique. « Les inégalités sociales dans l’accès à l’emploi s’y sont développées », dénonçait ainsi le document, réalisé par l’universitaire Yannick L’Horty. Les enfants d’agents publics seraient en effet surreprésentés dans les recrutements, à l’inverse des minorités. « Les descendants d’immigrés sont sous-représentés dans la fonction publique. Ils ont 8% de chances en moins d’occuper un emploi public que les natifs », a ainsi expliqué l’auteur du rapport au figaro.fr.

« La discrimination est un délit »

Face à ce constat, le gouvernement semble vouloir prendre le problème à bras-le-corps. « Les discriminations dans l’accès à l’emploi sont souvent dues à des clichés enracinés dans l’esprit des recruteurs », a notamment commenté la ministre de la Fonction publique. Et d’ajouter : « ceci n’excuse rien : la fonction publique se doit d’être exemplaire en matière d’ouverture. La discrimination est un délit ». Partageant le point de vue de la ministre, Manuel Valls lui a immédiatement demandé de « faire de la lutte contre les discriminations sa priorité en revisant totalement les pratiques pour assurer à tous les mêmes chances d’accès à la fonction publique ». Il a par ailleurs promis que « le gouvernement agira pour cela sur tous les maillons de la chaîne de recrutement ».

Mais les pouvoirs publics n’avaient pas attendu les résultats de ces travaux pour s’emparer du fléau des discriminations à l’embauche, qu’elles se jouent dans le secteur public ou privé. Pour preuve, début juillet déjà, les députés de l’Assemblée nationale adoptaient un amendement au projet de loi « égalité et citoyenneté ». Le principe ? Obliger les recruteurs des entreprises de plus de cinquante salariés à suivre une formation à la non-discrimination. A noter que dans les entreprises spécialisées dans le recrutement, cette formation devra être suivie obligatoirement, et ce, quel que soit le nombre de leurs collaborateurs.

Enfin, parallèlement à ces différentes actions, le gouvernement a également annoncé le lancement d’une grande enquête nationale auprès d’un panel d’entreprises représentatives pour leur faire prendre conscience de leurs pratiques, bonnes ou moins bonnes. Résultats attendus à l’automne prochain.

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